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L’entretien annuel : et si le vrai enjeu n’était pas la note, mais la posture ?

  • Photo du rédacteur: Spilliaert & Partners
    Spilliaert & Partners
  • 13 janv.
  • 4 min de lecture

Chaque année, c’est le même rituel.

Un formulaire. Des cases à cocher. Des objectifs passés au stabilo.

Et, en toile de fond, une question rarement dite à voix haute :

bonus ou pas bonus ?


Soyons honnêtes : dans beaucoup d’organisations, l’entretien annuel est devenu un bulletin scolaire managérial, avec parfois les dés déjà pipés.


Les décisions sont prises ailleurs, les marges de manœuvre sont faibles, et l’échange se transforme en exercice de justification plus qu’en espace de réflexion.


Et pourtant…


Si l’on prend un peu de hauteur, l’intention RH derrière ces entretiens est souvent bien plus ambitieuse :


  • aider chaque individu à prendre conscience de sa contribution,

  • clarifier son niveau de maturité,

  • et nourrir une dynamique de développement.


Le problème n’est donc pas l’outil.

Le problème, c’est l’usage que chacun en fait.



Ce que beaucoup de managers font… et ce qu’ils ne font pas


Dans ces entretiens, j’observe souvent la même chose chez les managers intermédiaires :


  • Ils arrivent très bien préparés pour parler de ce qu’ils ont délivré vers le bas.

  • Ils savent expliquer comment leurs équipes ont performé.

  • Ils détaillent les projets, les résultats, les difficultés surmontées.


Mais ils parlent très peu de leur propre leadership. Encore moins de leur relation à leur manager. Et quasiment jamais de leur bilan intérieur.


Or, un paradoxe demeure : ces mêmes managers souhaitent évoluer, gagner en responsabilité, être identifiés comme des leaders solides. Mais ils se présentent avant tout comme de bons exécutants.


L’entretien annuel comme test de self-leadership


Un leader n’est pas seulement évalué sur ce qu’il produit. Il est aussi observé sur sa capacité à :


  • prendre du recul sur lui-même,

  • nommer ce qu’il apprend,

  • formuler ce qu’il devient,

  • et dialoguer d’égal à égal avec son propre manager.


Autrement dit : l’entretien annuel est un révélateur de self-leadership.


La question n’est donc pas seulement : « Qu’ai-je fait cette année ? »

Mais aussi : « Comment ai-je grandi comme leader ? »


Trois dimensions pour structurer ce dialogue


Une manière simple et puissante d’aborder cet entretien consiste à articuler trois dimensions complémentaires du leadership.


1. Le leader effectif – la crédibilité par l’action


C’est la dimension la plus visible, la plus attendue.

Résultats, priorités, arbitrages, efficacité opérationnelle.


Elle répond à la question : Peut-on compter sur moi pour faire avancer les choses ?


Indispensable, mais insuffisante.


2. Le leader responsable – la cohérence et l’intention


Ici, on quitte la simple exécution pour entrer dans le sens des choix.


  • Pourquoi ai-je décidé cela ?

  • Qu’est-ce que j’ai cherché à préserver ?

  • Comment ai-je assumé les impacts humains et systémiques ?


Elle répond à la question : Suis-je un manager qui pense ses décisions, ou qui les applique ?


3. Le leader psychologique – la solidité intérieure


C’est souvent la grande absente des entretiens annuels… et pourtant la plus déterminante.


Elle renvoie à la qualité de présence intérieure du leader, surtout lorsque le cadre se tend, que les repères bougent ou que la pression augmente.


Quelques questions clés pour l’explorer :


  • Comment ai-je géré la pression, les tensions et les situations d’incertitude ?

  • Quelle relation ai-je développée avec l’inconfort, le doute ou la complexité ?

  • Qu’est-ce qui me déstabilise encore aujourd’hui, et qu’est-ce qui s’est réellement consolidé en moi ?

  • Comment est-ce que je crée de la confiance autour de moi — non seulement par ce que je fais, mais par la manière dont je suis présent, cohérent et stable dans mes interactions ?

    Cette dimension répond à une question centrale :

  • Quelle est ma qualité de présence quand le cadre se tend, et en quoi cette présence devient-elle un point d’appui pour les autres ?


Donner du feedback à son manager : un acte de maturité


Un autre angle rarement exploré dans ces entretiens :la capacité à faire retour à son propre manager.


Pas pour le juger.

Pas pour le mettre en difficulté.

Mais pour montrer que la relation managériale est vécue comme un espace de co-responsabilité, et non comme une simple ligne hiérarchique.


Un manager qui sait dire :


  • ce qui l’aide à performer,

  • ce qui le freine,

  • ce qu’il attend pour continuer à grandir,


envoie un signal très fort : Je ne subis pas le système, j’y prends ma place.


Reprendre la main sur l’exercice


Les canvas, les grilles, les processus RH ont leur utilité. Mais aucun outil ne remplacera jamais la qualité de posture avec laquelle un manager entre dans cet entretien.


L’enjeu réel n’est pas de défendre un dossier. C’est de montrer une capacité réflexive, une cohérence personnelle, et une solidité identitaire.


En ce sens, l’entretien annuel peut devenir bien autre chose qu’un passage obligé :

  • un moment de vérité professionnelle,

  • un espace de positionnement,

  • et parfois, un tournant dans une trajectoire de leader.


Chez Spilliaert & Partners, nous croyons que les organisations progressent quand les managers cessent seulement de rendre compte… et commencent à se raconter avec lucidité, responsabilité et courage.


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