Ces messages invisibles qui nous pilotent sous stress
- Laurent Spilliaert

- 12 janv.
- 3 min de lecture
Une clé pour mieux se comprendre… et mieux communiquer
Nous avons tous déjà fait cette expérience :
en situation de stress, nous ne réagissons plus tout à fait comme d’habitude.
Nous devenons plus exigeants.
Ou plus silencieux.
Ou plus pressés.
Ou plus accommodants.
Comme si, soudainement, quelque chose prenait les commandes à notre place.
Des messages anciens, toujours actifs
Très tôt dans la vie, nous intégrons — consciemment ou non — des messages contraignants. Ils ne sont pas formulés ainsi, mais ils ressemblent à :
« Fais plaisir. »
« Sois fort. »
« Sois parfait. »
« Fais des efforts. »
« Dépêche-toi. »
Ces messages ne sont pas pathologiques.
Ils sont des stratégies d’adaptation : des manières apprises de rester acceptés, aimés, reconnus.
Le plus souvent, ils restent discrets.
Mais sous stress, ils s’activent automatiquement.
Quand le stress réduit nos options
Le stress a un effet bien connu : il rétrécit notre champ de choix.
Au lieu de pouvoir ajuster librement notre comportement, nous revenons à ce que nous savons faire “par cœur”.
C’est là que ces messages prennent toute leur place.
On les appelle en Analyse Transactionnelle des drivers, notion introduite par Eric Berne et développée ensuite par Taibi Kahler.
Mais inutile de retenir le terme pour l’instant.
Ce qui compte, c’est le fonctionnement.
Quelques exemples très concrets
Fais plaisir
Sous stress, la personne suradapte :
elle dit oui alors qu’elle pense non,
elle anticipe les besoins des autres,
elle évite le conflit à tout prix.
Le besoin profond : être acceptée, préserver le lien.
Sois fort
Sous stress, la personne :
minimise ses émotions,
valorise l’autonomie,
a du mal à demander de l’aide.
Le besoin profond : tenir, rester digne, ne pas dépendre.
Sois parfait
Sous stress, la personne :
surinvestit les détails,
redoute l’erreur,
se montre très exigeante envers elle-même.
Le besoin profond : ne pas décevoir, rester irréprochable.
Fais des efforts
Sous stress, la personne :
force, insiste, lutte,
confond difficulté et valeur,
a du mal à choisir la simplicité.
Le besoin profond : mériter, prouver son engagement.
Dépêche-toi
Sous stress, la personne :
accélère,
coupe les étapes,
vit dans l’urgence permanente.
Le besoin profond : ne pas rater, ne pas être laissée derrière.
Pourquoi c’est si utile d’en prendre conscience
Ces messages ne sont ni bons ni mauvais.
Ils deviennent problématiques lorsqu’ils agissent à notre insu.
Les reconnaître permet :
de mieux comprendre ses propres réactions,
de lire autrement les comportements des autres,
de distinguer le besoin de la stratégie,
et surtout, de mieux communiquer sous tension.
Très souvent, un malentendu relationnel n’est pas un désaccord de fond,
mais la rencontre de deux messages contraignants activés en même temps.
Une première étape vers plus de liberté
Prendre conscience de ses drivers, ce n’est pas chercher à les éliminer.
C’est retrouver de la marge de manœuvre.
Pouvoir se dire, par exemple : « Là, je suis sous stress… et je sens que mon automatisme s’active. »
Et parfois, cela suffit déjà à rouvrir le champ des possibles.
Dans une prochaine chronique, nous verrons comment ces messages invisibles peuvent se rencontrer — et parfois se heurter — dans une relation, notamment lorsque la distance et le stress s’installent.
Car comprendre ces mécanismes, c’est souvent le premier pas vers une interdépendance plus consciente.
Laurent Spilliaert
Coach Professionnel
Spilliaert & Partners
Note éditoriale : Cette chronique est issue d’une pratique de coaching professionnel, en entreprise ou en accompagnement individuel. Le texte s’appuie sur l’expérience du coach et a été retravaillé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle, utilisés en soutien à la reformulation et à la mise en forme, dans le respect de la charte éditoriale.



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